Islande - Mars 2024

Au mois de mars 2024, j'ai eu l'occasion avec mon père de découvrir ce magnifique pays qu'est l'Islande. Un voyage qui restera à jamais gravé dans ma mémoire, tant le dépaysement fut total et l'expérience inoubliable.

Après avoir pris l'avion depuis Nice, nous arrivons en fin de journée du 7 mars à l'aéroport de Keflavík, situé sur la pointe Sud-Ouest de l'île. L'arrivée est d'ailleurs un peu mouvementée, de fortes rafales de vent et quelques pluies compliquant quelques peu l’atterrissage. 

Après avoir récupéré notre véhicule pour le séjour, nous nous rendons du côté de Reykjavík pour rejoindre notre Airbnb sous une pluie modéré et froide, pas de doute, nous sommes bien sur le Nord de l'océan Atlantique. Néanmoins cette arrivée pluvieuse et froide sera bien loin d'être représentative du reste du séjour. 

 

Jour 1 : découverte de la péninsule de Snæfellsnes et soirée mémorable 



Après une bonne nuit de sommeil à Reykjavík, nous discutons du programme des prochains jours. Si nous avons prévu des secteurs à voir absolument, nous n'avons pas forcément de programme définit pour chaque journée, préférant simplement prendre la route afin de découvrir sur le moment l'immensité islandaise. 

Nous partons donc en début de matinée vers le Blue Lagoon, dont la route d'accès a récemment ré ouverte après l'éruption survenue quelques semaines plus tôt. Sentiment assez étrange de rouler sur un champ de lave encore fumant pour accéder à ce fameux site islandais. 


Le temps est encore assez agité, entre vent fort et quelques pluies froides, rendant l'ambiance particulière avec un ciel sombre contrastant avec le bleu turquoise des eaux de Blue Lagoon, qui porte bien son nom. 

La promenade n'est toutefois pas des plus agréable, le ressenti se montrant vraiment froid sous ce vent parfois puissant, dépassant les 80km/h en rafales. Le paysage rattrape néanmoins le tout. 

Après quelques dizaines de minutes sur le secteur et une petite boisson chaude, nous repartons pour la capitale afin de prendre le repas de midi. Le ciel devient plus variable et de larges éclaircies accompagnent notre retour, annonçant un temps plus clément pour l'après-midi. 

Substantés, nous reprenons la route cette fois-ci vers péninsule de Snæfellsnes, située à une soixantaine de kilomètres au Nord-Ouest de la capitale. 

Les pluies se sont évacuées mais quelques averses persistent, poussées par un vent encore fort mais bien moins froid que les heures précédentes. Après seulement quelques kilomètres de route, il est déjà temps de s'arrêter afin de capturer des contrastes saisissants sur fond de paysages très atypiques, à mi-chemin entre les déserts de l'Ouest des États-Unis et les pays du Grand Nord. 

Ces forts contrastes nous accompagneront d'ailleurs durant une grande partie de notre chemin, offrant des ambiances parfois très impressionnantes. 


Le soleil fait quelques belles percées, apportant une atmosphère parfois bien douce sous l'effet du foehn. 

Nous continuons notre route vers la péninsule découvrant la réelle immensité islandaise. On ne se rend en effet pas bien compte de la grandeur de ce pays en regardant des carte ou même simplement Google Maps, mais il est pourtant facile de s'y sentir tout petit. 

La route se poursuit sur la péninsule durant une bonne partie de l'après-midi, profitant des paysages tous plus variés les uns que les autres. Un troupeau de chevaux islandais nous occupant pendant quelques dizaines de minutes, sur fond de reliefs enneigés et coiffés de nuages lenticulaires.

Déjà la fin de journée approche, il est temps de trouver un secteur pour attendre la nuit. En effet, si nous voulions découvrir l'Islande mon père et moi, c'était en partie pour pouvoir observer des aurores boréales, phénomène que nous voulions partager depuis bien longtemps. 

J'avais suivi les prévisions pour cette fin de journée depuis maintenant plusieurs jours et celles-ci semblaient se confirmer, un risque d'aurores accru était présent pour les prochaines heures. Je nous plaçais donc à Borgarnes, secteur qui devrait conserver de larges éclaircies pour la soirée grâce aux reliefs situés plus à l'Est, foehnés dans ce type de flux. 

Nous passons donc la fin de journée dans cette charmante petite commune, attendant la tombée de la nuit. 


 Le crépuscule se met en place et je décide de nous placer en périphérie de la ville afin de ne pas être gênés par la pollution lumineuse. Je n'avais toutefois pas pris en compte que la nuit mettait littéralement des heures à tomber dans cette partie du globe... 

Les minutes deviennent longues dans la voiture mais le ciel se dégageant nous garde alerte. Peu à peu la lumière du jour faiblit et il me semble distinguer une petite aurore très peu visible sur l'horizon Nord.

Mon père pense à un simple voile de nuage mais je reste persuadé qu'il n'en est rien, un voile nuageux étant censé se déplacer dans ce flux d'altitude rapide. Après quelques minutes de discussions sur ma vision qui me joue apparemment des tours, je décide de dégainer l'appareil et de lancer une pose afin de s'assurer de la nature du phénomène et mettre fin au débat. 

Quelques secondes plus tard plus de doute, notre première aurore est visible, bien qu'encore ténue en raison de la luminosité ambiante. 


Rapidement, celle-ci envahit une large partie du ciel, se propageant jusqu'à notre zénith, nous sommes en joie devant un tel spectacle qui ne fait que commencer ! 


 Ce sont bientôt plusieurs drapées qui s'étirent au-dessus de nos têtes alors que les dernières lueurs du jour disparaissent peu à peu. 

Il ne reste maintenant plus qu'à profiter du spectacle, oubliant le froid vif par ce ciel de plus en plus dégagé. 

Les aurores sont de plus en plus vives et étendues, nous sommes étonnés par la vitesse à laquelle celles-ci évoluent, comme des enfants devant un dessin animé, s'exclamant à chaque accentuation du phénomène.

 "Wow, regarde, regarde !"

Durant plusieurs dizaines de minutes, de véritables tourbillons d'aurores dansent au-dessus de nos têtes, le spectacle est extraordinaire ! 

Celles-ci sont parfois si intenses qu'elles éclairent le paysage d'une teinte verdâtre, rendant l'ambiance encore plus
« lunaire ». 

Il est difficile de décrire ce sentiment de voir de telles masses bouger aussi rapidement au-dessus de nos tête. Nous avons l'impression de pouvoir toucher l'espace du bout des doigts.

Peu à peu l'arc auroral se décale vers le Sud, se propageant au-dessus des montagnes bordant Borgarnes, une composition que j'avais en tête depuis la nuit tombée s'offre de ce fait à moi. 

Celles-ci perdent néanmoins progressivement en intensité. Vers 00h30, nous décidons de prendre la route du retour, des images pleins les yeux et un souvenir père-fils à jamais gravé dans nos mémoires. Sur le chemin, je ferai toutefois un petit arrêt afin de capturer les dernières lueurs aurorales au-dessus d'un relief particulièrement esthétique. 


Nous arrivons en milieu de nuit au Airbnb sur la capitale, encore excités de la soirée exceptionnelle que nous venons de vivre.