4 septembre 2024
La situation est très orageuse en ce début septembre 2024 sur le Sud-Est de la France. Ce 4 septembre, tous les indices sont favorables au déclenchement de forts orages entre le Var et les Alpes-Maritimes, pouvant se montrer stationnaires et diluviens.
Journée - Prémices d'une dégradation virulente
Les premiers orages se forment en matinée sur le littoral Est du Var. Ayant du travail avec ce temps très instable, je choisis de ne pas aller à leur rencontre, les prochaines heures s'annonçant de toute façon tout autant agitées et le gros de la dégradation étant quant à lui attendu sur la Côte d'Azur entre la soirée et la nuit suivante.
En milieu d'après-midi, après une relative accalmie, les orages reprennent du poil de la bête entre le Sud-Ouest du Var et les Bouches-du-Rhône. Ayant finit le travail, je prend donc la route pour le Sud du Var, la dégradation orageuse devant se mettre en place dans les prochaines heures sur ce secteur.
Arrivé près de Toulon en fin d'après-midi, l'attente débute. Les orages ne se forment pour le moment pas là où ils étaient prévus, concernant plutôt les Calanques. Si la tentation de les rejoindre est présente, je préfère m'en tenir à mon plan de chasse et patienter jusqu'à ce que ceux-ci finissent par se décaler vers le Sud du Var. Après environ 2 heures d'attente dans une atmosphère lourde, les premières cellules orageuses finissent par se former plus au large, remontant peu à peu vers mon secteur.
Celles-ci abordent les îles d'Hyères peu avant 18h, apportant un ciel de plus en plus menaçant et de lourds grondements sur la région de Hyères où je me suis finalement placé.
Néanmoins, ces orages, bien qu'actifs, sont très pauvres en foudre. Si le tonnerre gronde en continu, quasiment aucun éclair n'arrive à sortir du rideau de précipitation. Seuls des flashs parfois puissants nous rappellent qu'une virulente cellule s'apprête à aborder notre point de vue.
L'ambiance est malgré tout très menaçante sur Hyères. Les bases s'approchent peu à peu, entrant temporairement en rotation au-dessus de la rade. Nous guettons, d'autres chasseurs et moi, la possible formation d'une trombe voire d'une tornade, le secteur y étant propice.
Néanmoins il n'en fut rien, l'orage nous aborde, déversant sont lot de pluies diluviennes accompagnées de puissants impacts de foudre, impossibles à capturer car noyés dans la pluie.
Je me place entre temps du côté des Salins afin d'observer l'évacuation de l'orage vers le Nord. Quelques coups de foudre tombent sur les collines mais rien d'exceptionnel pour le moment, d'autant que la lumière est loin d'être très esthétique à ce moment là dans cette atmosphère chargée en humidité.
Alors que l'orage s'éloigne peu à peu vers le Nord, celui-ci se réactive également sur sa pointe Sud-Est avec une alimentation bien visible du côté de la Corniche des Maures. Ayant en tête les modélisations pour la soirée, j'ai l'intuition que cet orage va ralentir en approchant du golfe de Saint-Tropez, me laissant donc l'opportunité de l'atteindre de nouveau dans le secteur pour la nuit tombée.
Si certains de mes compères choisissent de rester sur le Sud du Var, je prends donc la route pour Sainte-Maxime alors que l'orage se renforce continuellement en se décalant vers l'Est.
Soirée - Formation d'un orage stationnaire sur le golfe de Fréjus
Une heure de route m'est nécessaire pour rejoindre le golfe de Saint-Tropez, circulant sur les chaussées parfois inondées par le passage de l'orage durant les précédentes dizaines de minutes. Au radar mon intuition semble bonne, la cellule a effectivement ralentit sa progression vers l'Est et semble même présenter des signes de stationnarité en abordant Sainte-Maxime.
J'arrive sur le littoral de Port Grimaud aux alentours de 20h, jonglant entre les bouchons pour rejoindre les plages et commencer à photographier l'orage. De lourds impacts sont en effet visibles plus à l'Est.
Après quelques minutes de route, je rejoins un premier point de vue peu avant Sainte-Maxime, photographiant l'arrière de la cellule qui ne semble maintenant plus vouloir se décaler véritablement vers l'Est.
J'observe l'orage depuis ce point de vue durant quelques minutes. Toutefois, je remarque rapidement que les collines me cachent la majorité des coups de foudre. La décision de se rapprocher au plus près de la cellule est donc prise, d'autant que celle-ci semble quand même vouloir bouger de quelques kilomètres vers l'Est.
La nuit tombe alors que je me rapproche de l'orage qui stationne maintenant à proximité de Fréjus. L'activité électrique devient frénétique avec un éclair toutes les 2/3 secondes.
Arrivé sur la plage de la Nartelle, je me retrouve face à un violent orage stationnaire ne cessant de gagner en intensité. La foudre est plus insistante sur les collines mais quelques impacts tombent également près du littoral.
L'orage ne bouge plus à présent, déversant des quantités d'eau astronomiques sur Fréjus. Les rideaux de pluie tombent à seulement quelques kilomètres de mon point de vue mais je me retrouve au sec, ayant même le plaisir de pouvoir observer la convection au-dessus de ma tête.
Cette proximité me permet d'observer les différentes phases de renforcement de l'orage au gré des poussées convectives.
Malgré ma relative distance avec l'orage (environ 5km), je garde en tête que la foudre pourrait tomber bien plus proche dans les minutes qui suivent, une colonne convective flashant frénétiquement au-dessus de ma tête. Un impact extranuageux pourrait en effet frapper jusqu'à mon point de vue, les orages azuréens étant réputés pour.
Il ne faudra pas attendre bien longtemps pour que ce phénomène se produise. Alors que la foudre tombait jusque là dans le rideau de pluie près de Fréjus, un formidable impact frappe devant moi dans la baie, à à peine 500m de l'objectif.
L'orage se renforce de nouveau juste devant moi. Suite à cet impact proche, plusieurs grappes de foudre très ramifiées tomberont à une distance de 1 à 3km près des Issambres.
L'orage ne bouge maintenant plus du tout, se retrouvant comme je l'avais imaginé 1h30 plus tôt bloqué dans le golfe de Fréjus.
Fréjus est d'ailleurs à ce moment là en pleine tourmente, avec des inondations se multipliant sur la ville.
De mon côté l'ambiance est bien moins humide mais pas pour autant moins agitée. Les flashs se succèdent toutes les secondes, accompagnés de coups de tonnerre caverneux et de quelques coups de foudre bien sentis.
L'activité électrique commence d'ailleurs à se décaler vers le Sud, l'orage se renforçant continuellement justement sur sa pointe Sud. Pas besoin de me déplacer toutefois pour le moment, les coups de foudre tombant toujours dans mon champ de vision.
Le spectacle persiste durant plusieurs dizaines de minutes avec un nombre important de coups de foudre tombant à quelques kilomètres de la Nartelle et traversant parfois l'épais rideau de pluie.
Peu à peu, l'activité foudre la plus esthétique se décale cette fois-ci vers le Sud-Ouest, certains impacts se retrouvant cachés par la végétation sur ma droite. Les derniers clichés s'enchaînent sur ce secteur avant de me décaler de nouveau plus à l'Ouest.
Les cartes mémoires étant bien remplies de foudre à présent, je me permets de rater quelques minutes de spectacle pour retrouver un point de vue plus dégagé sur la cellule. Sa pointe Sud se retrouve maintenant juste au large de Ramatuelle avec une activité électrique restant tout aussi intense.
Là encore, le spectacle est somptueux avec de nombreux coups de foudre tombant à peine au large de Ramatuelle.
La foudre la plus esthétique continue de se décaler vers le Sud-Ouest, passant maintenant derrière les collines de Saint-Tropez. Or, je sais que mon premier point de vue de la soirée a une belle vue sur le village, ce qui pourra me permettre de composer avec cette commune emblématique.
Après de nouveau quelques minutes de route, la foudre tombe effectivement de façon insistante derrière Saint-Tropez.
L'observation sera encore très plaisante sur ce secteur durant plusieurs dizaines de minutes.
Néanmoins, si cet orage se montrait très isolé jusque là, une multitude de cellules se forment par la suite peu après 23h sur mon secteur. Le front principal est en effet en train de se mettre en place, compliquant grandement la prise de vue à présent.
Alors que la pluie se renforce, je reprends donc la route vers l'Est afin de tenter de suivre l'évolution de la situation. Un nouvel orage stationnaire s'est en effet formé sur l'Esterel, se montrant une nouvelle-fois particulièrement électrique.
Après environ 20 minutes de route, j'arrive peu avant minuit près des Issambres, me retrouvant étonnamment au sec pour observer un déluge de foudre sur l'Esterel.
Les coups de foudre sont en effet particulièrement nombreux sur le secteur, tombant souvent par grappe de 3 ou 4 impacts.
Alors que le noyau électrique s'avance plus franchement sur le relief, une formidable décharge viendra déchirer le ciel, l'un des impacts tombant d'ailleurs sur le Dramont, se diffusant sur la falaise.
Par la suite, les coups de foudre deviendront de plus en plus noyés, le front principal se décalant maintenant vers l'Est et mettant fin à la partie la plus esthétique de cette dégradation, partie qui a tout de même duré plus de 3h30 !
Je prendrais la route du retour quelques minutes plus tard, les 45 minutes de route habituelles pour rentrer à mon domicile depuis ce point de vue se transformant en 2 heures du fait des routes inondées et/ou impraticables entre Fréjus et Mandelieu.